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Article
du 25 février 2003
LE WEB SUR SCÈNE
FACON MICHEL JAFFRENNOU par Patrick Servant
Michel Jaffrennou propose de découvrir l'informatique en
compagnie de Diguiden, un petit personnage attachant auquel le
public devrait succomber.
"Ma vie, Mon oeuvre, Mon nez..." Curieux, mais
véridique. C'est l'intitulé du dernier spectacle
de Michel Jaffrennou, un truc inclassable tout comme son auteur,
qualifié volontiers d'"inétiquetable"
par ceux qui le connaissent.
Ce Breton émigré -"mon grand-père
qui était de vers Huelgoat-Carhaix est venu s'installer
à Trélazé, près d'Angers"-
a monté un spectacle qui met en scène, outre son
auteur -on n'est jamais si mieux servi que par soi-même-
Diguiden, un petit personnage, qui va devenir au fil de la soirée
le bonhomme central d'un... "web man show interactif"
!
"C'est l'histoire d'un baladin numérique",
explique Michel Jaffrennou, un dangereux touche-à-tout
qui a commencé dès les années 70 mettre de
la vidéo dans tous ses spectacles. De la vidéo,
des projections d'images, du magnétoscope en veux-tu en
voilà, des écrans partout...
Jusqu'à ce que l'ordinateur débarque dans le paysage.
Avec son horizon infini, le Web. Une "terra incognita"
qu'il veut résolument démystifier, rendre palpable,
accessible. Facile à comprendre. Alors pour ça,
il a inventé Diguiden, un petit bonhomme réduit
à sa plus simple expression sur l'écran, un trait
noir, deux bras, deux jambes, une tête. "Et un
seul neurone. il est fragile, mais doué, il veut devenir
la vedette du Web : évidemment, à partir d'un moment,
il y arrive et me vole la vedette. Un peu comme Pinocchio s'émancipe
du vieux Gepetto", se marre Michel Jaffrennou., "il
est un peu soupe au lait, mais sa fragilité plaît
aux gens, ils l'aiment pour ça justement".
"Les gens", comme dit l'auteur, seront invités
à s'incruster dans le spectacle. "Interactif et
évolutif" qu'il dit Michel Jaffrennou, au sujet
de son spectacle.
"Je vais monter un truc exceptionnel, pour la première
fois à Angoulême. L'après-midi, avant le spectacle,
je vais faire un atelier avec des jeunes, qui seront en quelque
sorte comme des complices le soir. C'est une façon d'amener
les spectateurs à participer au spectacle. D'ailleurs,
les lumières de la salle ne sont pas complètement
éteintes". Michel Jeffrennou chuchote : "Il
y aura sûrement des gens qui monteront sur scène..."
Et de partir dans un rire tonitruant !
"Je veux que le spectacle soit vraiment interactif. Parfois,
on a des surprises, et on rigole bien. C'est le bug sur scène.
C'est une bonne façon en tout cas de dire que l'informatique,
qui est généralement un monde complexe, peut être
abordée autrement. En s'amusant notamment".
Pendant une bonne heure, le spectacle va naviguer entre le réel
et le virtuel, le réel et l'imaginaire, le vrai et le faux.
"Il y a de la magie dans ce que je fais, un côté
Guignol, avec mon Diguiden, mon petit baladin numérique,
mon bonhomme algorithmique. C'est du spectacle de tréteaux".
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